salam haleikoum

J'ai la chance de partir en mobilité durant l'année scolaire 2007.2008. J'ai choisi un stage à la mission économique de Dakar pour le premier semestre. Choix lié à mon désir de travailler dans le développement durable dans sa dimension économique et politique. Ce centre d'intêrét se retrouvera dans mon blog, au milieu de choses beaucoup plus légères je l'espère. BIENVENUS!

9.7.07

l'ifan

Juste quelques mots pour présenter succinctement des sculptures africaines qui m’ont plu. Les sujets sculptés montrent à quels points la fécondité de la femme aussi bien que la terre sont vitales. Elles font alors l’objet de pratiques « magico-rituelles » (dixit le musée)

1/la Nimba (Guinée) représente la « déesse » de la fécondité. Néanmoins, elle est plutôt appréhendée comme une image idéale de la femme que comme une divinité. Elle donne du courage aussi bien à la femme qu’aux guerriers et aux vieux sages.

2/les cannes de culture « daleu » se trouvent en côte d’ivoire et sont utilisées par les jeunes cultivateurs initiés à l’art de la culture. La figurine sculptées représente toujours une belle jeune femme, annonciatrice d’une fiancée pour le jeune cultivateur.

3/masque bambara « chi-wara » représentant un héros mystique qui détient la connaissance de la culture de la terre.

ce casque visant à « appeler » la fécondité m’a énormément impressionné, tant par sa taille que par la minutie que cela a dû représenter. On le retrouve chez l’ethnie Senoufo, en côte d’ivoire.


1ere journée en solo


Parti tous seuls comme de vrais dakarois, par le bus, nous nous rendons au centre ville (le plateau) pour rencontrer Sarah, la stagiaire que je vais remplacer à la mission économique. Nous mangeons avec quelques stagiaires dans la cantine de l’alliance française, endroit sympa, à l’ombre où on mange vraiment bien pour pas cher. Après un bon couscous donc, je vais visiter les locaux de la mission. Julien ne peut pas venir pour raisons de sécurité. Ma future « équipe » a l’air très sympa et les stagiaires sont très solidaires entre eux. Selon les dires de Sarah (très sympa), les fêtes sont nombreuses et super. Ces instants m’ont un peu rassuré car c’est un autre dakar qui a été mis à ma portée, une sorte de bulle « entre expat » où l’on peut se réfugier.
J’ai vu mon futur immeuble:

super bien situé, près de la place de l’indépendance, d’un marché artisanal, d’un marché de nourriture et même d’une grande surface casino !!
Nous nous sommes ensuite rendu à l’ifan (musée des arts africains, cf prochain message). Ayméric nous y a rejoint et nous a amené à Sandaga, un grand marché typique. J’ai ensuite voulu me rendre à la cour des orfèvres, remplie d’échoppes proposant des bijoux argent et perles magnifiques (héhéhé les filles, avis aux amatrices :

on y reviendra c’est sur !
Nous sommes ensuite rentrés et j’ai profité du taxi pour prendre des photos en toute sécurité, photos qui montrent vraiment les différentes réalités de la ville…

l'ile de gorée

En ce dimanche nous décidons de nous rendre sur l’ile de Gorée, endroit touristique s’il en est. Il faut pour cela prendre le bac, qui nous coute 5000 franc CFA (50 francs) aller-retour. Le sénégalais paient quant à eux 1500 et les africains 3000. et oui ! l’île a toujours été réputé pour son charme « méditerranéen ». son importance stratégique s’est révélé durant la colonisation, et a contribué au développement de la ville de Dakar. L’île a aussi eu un rôle dans le trafic d’esclave et en représente aujourd’hui la mémoire selon l’UNESCO. J’ai malheureusement oublié mon appareil photo…

A peine débarqués (sans passerelle !!), on se laisse gagner par la bonne humeur qui règne sur la petite où la musique déverse du m’balakh à fond. C’est la musique traditionnelle du pays. La majorité des enfants dans l’eau remue sur la danse du même nom. Les adultes sur le sable se laissent aussi gagner par le rythme. Nous commençons à nous balader sur cette petite île (900m sur 300m), au fil des échoppes, des peintres et des parties de foot des enfants. Sur une petite place de sable blanc, une église jaune se dresse. Tout est coloré et fleuri, c’est magnifique et rappelle les petits villages de la cote méditerranéenne. En plus délabré évidemment. Moment sympa quand nous avons pénétré un peu par hasard dans un ancien patio d’une immense maison coloniale, à l’abandon, avec terrasse donnant sur l’océan. Tout en haut de l’île, la vue sur dakar est superbe et l’on peut apercevoir des vestiges de blockhaus et de canons. Nous nous reposons ensuite sur la plage, cédric et clémence étant venus nous rejoindre. L’on rentre à l’appartement en bus, que l’on prend pour la premiere fois. Petit conseil : ne pas s’asseoir tout au fond car votre dos et votre postérieur vont en prendre un coup J.

Le soir arrivé, nous mangeons encore très tard, un plat cuisiné par cédric : l’alloko : un plat à base de bananes rissolées (dans l’huile du poisson de la veille. Hum…) à manger également avec la sauce qui accompagne l’atiéké.

8.7.07

hlm fass et soumédioune

hier, nous avons décidé avec julien de nous « balader » dans le quartier où nous logeons. Nous avons marché un moment pour nous rendre au marché artisanal de Soumédioune. Celui ci se trouve en bord de mer et se rejoint par un grand boulevard. Boulevard très différent de ce que l’on entend chez nous. Les scooters et les bus rapides (cf photos) se croisent et s’entrecroisent toujours à une vitesse folle. Les étals s’installent entre les deux voies de circulations ainsi que les taxis et des jeunes qui décortiquent des voitures ; les trottoirs sont envahis de petites échoppes, d’enfants qui jouent, de boue, de personnes âgées assis à même le sol et de détritus.
Arrivés près de la mer, nous peinons à reconnaître le marché tellement l’endroit est en chantier. … a gagné l’appel d’offre de l’Etat afin de construire un tunnel sur la corniche de soumédioune. Le chantier s’étend sur plusieurs centaines de mètres et rend difficile l’accès au marché. Apparemment, les travaux ont commencé il y deux ans mais l’on dirait qu’ils commencent à peine. Enfin à l’intérieur du marché (qui ressemble déjà plus à ce que j’imaginais J) tous les commerçants nous accostent. J’appréhendais un peu le marchandage et le fait de refuser leurs « avances » mais selon julien je suis « une tueuse ».lol. nous sommes ensuite rentrés, en appréhendant chaque passage à proximité d’un marché tellement l’odeur des poissons séchés était insupportable.
A noter que personne ne nous a accosté comme au centre ville de Dakar, exceptée une fois à l’intérieur du marché. Nous avons bien marché 2h30 sans entendre de réelles sollicitations…
le soir, changement de décor total : nous nous rendons à une soirée dans un bar boîte chic du centre ville pour une soirée qu’Aymeric organise. Champagne, Caviar et Cigare au programme….. sans commentaire. Nous pensons finalement ne pas y aller car nous sommes crevés. Clémence, la copine de cédric, nous prépare de l’atiéké, semoule ivoirienne, avec du poisson braisé, et nous apprend quelques expressions en wolof. Bonne soirée !

1er jour a dakar

Le 7.07 : Après le repas du midi avec Cédric, notre logeur, et Aymeric, nous prenons tous le taxi pour le centre ville de Dakar. Je n’étais pas encore sortie de l’appart et j’avoue que ma première expérience à l’extérieur fut un peu difficile. En effet, nous avons d’abord traversé tout le quartier de HLM Fass où nous logeons, un quartier difficile tant par la pauvreté que par l’insalubrité qui y règne. A chaque arrêt du taxi des enfants se collent contre les vitres pour quémander un peu de monnaie. On ne se sent pour autant pas en danger. Les sollicitations des enfants sont évidemment les plus difficiles à repousser, mais Aymeric m’apprend alors une expression wolof pour couper court : benen yom (retranscription phonétique) : « une autre fois ».
On arrive au centre ville, qui correspond plus à l’image que je me faisais de Dakar. On se ballade sans but précis. Arrivée à la place de l’indépendance, on prend la rue marchande la plus connue de la ville, où se mêle boutique « classe » et stands colorés au bord des trottoirs. Dans toutes les rues, des marchands ambulants proposent des objets variés, allant des recharges de téléphones, aux nappes, cintres et cigarettes. Un sentiment de bonne humeur règne mais la pauvreté se retrouve à chaque détour et l’apparente opulence du quartier présidentiel ne s’étend pas aux rues adjacentes. Ce qui frappe également c’est la circulation. Les gens conduisent vraiment à l’arrache, la plupart des routes, hors centre ville sont très abîmées ou en travaux, sans signalisation. L’odeur forte des pots d’échappement au centre ville harcèle nos narines. Julien et moi vivons cette première rencontre avec l’Afrique assez différemment. D’une part car il a déjà connu des situations semblables, notamment en Asie, d’autre part car il ne reste qu’un mois, en vacances, alors que j’essaie de me projeter dans une vie quotidienne ici pendant 6 mois. Néanmoins, je suis pour le moment assez positive et « courageuse ».
On s’arrête manger un « hamburger artisanal », qui cale plus qu’un kebab. Alors qu’on projetait de rentrer, un groupe nous interpelle pour jouer au baby foot, au milieu d’une petite rue sur un trottoir. J’étais quand même avec trois gars, qui n’ont pas résisté à la tentation. Cet instant était vraiment super. Je me suis sentie apaisée et heureuse. Tout paraissait si simple tout à coup…
On est ensuite rentré dans un taxi « branlant » et nous avons fait un tour au marché de HLM Fass. J’étais super impatiente d’y aller mais j’ai été un peu déçue. C’est un marché fermé ou la viande et les poissons sont à même l’étal, envahis de mouches, sous une température avoisinant les 30 degrés. Le manque d’air frais, pour ne pas dire la puanteur, et de lumière, m’ont rapidement rendu claustro. Je n’ai pas aperçue les stands d’artisanat que j’espérais… tant pis, il y aura surement des marchés plus comme je l’imaginais au centre ville.

7.7.07

vue de l'appart



le quartier où on loge est assez pauvre.


ci joint les nouveaux batiments et le chantier, pour la réhabilitation du quartier :


auxquels se mêlent des habitats "plus précaires":


Je suis dans un cyber sur un ordi centenaire donc je vous ferai part de mes premieres expériences de Dakar dans un prochain message.

DAKAR...


L’avion amorce sa descente. Mon voisin me demande si je ne suis pas toute excitée… ah tiens oui je n’y avais pas pensé. Je ne réalise pas encore. Mais quand les roues touchent le sol, j’ « atterris » aussi et je me tors dans tous les sens pour apercevoir des petits bouts de ma nouvelle vie pendant 6 mois.
Une fois descendue et les bagages récupérés, je suis un peu désemparée. Je dois en effet attendre Julien pendant 4 heures et l’aéroport est minuscule. Dehors, c’est une véritable ruche où tout le monde t’accoste pour te vendre leurs services, leur « assistance » comme ils disent. C’est pareil dedans en fait et je vais m’en rendre compte à mes dépends. Plusieurs personnes veulent porter ma valise mais je tiens bon. Ensuite c’est la longue bataille verbale pour me convaincre de changer mes tunes avec eux et non avec la « banque officielle ». IL n’y a pas vraiment de risque mais étant seule, je préfère la banque. Je précise à l’un d’entre eux qu’on fera appel à ses services peut être plus tard quand julien sera arrivée. Mal m’en pris.
Restée 4 heures dans un tout petit hall où tout le monde s’évente car les ventilo datant d’un autre temps fonctionnent mal, ça créé des liens. Ainsi je m’assois un coté d’un certain Victor, chargé de la sécurité de l’aéroport. Un bien grand mot.. Il m’a permis de rester éveillée jusqu’à l’arrivée de Julien et m’a pas mal protégée des gars intéressés par mes tunes. Il m’a aussi permis de toucher pour la première fois du doigt la réalité africaine en me racontant des anecdotes, etc. Pour le remercier, je lui offre le deuxième tome d’amadou hampaté ba que je viens de finir car il avait l’air de l’intéresser. J’ai pris son numéro de téléphone, j’espère qu’on le reverra. Bien m’en pris. Toute impatiente j’attends julien quand son avion atterrit. Tout le monde veut m’aider à le trouver. Quand il arrive, ca devient totalement tarée. Une dizaine de gars s’empare de lui en lui disant (chacun pour soi) qu’ils ont pris soin de moi, qu’il doit leur donner des tunes. Ils s’empare de sa valise et là c’est l’esclandre. C’est à celui qui m’aura parlé le premier pour savoir qui aura le bénéfice de changer nos euros en franc CFA. Pour le coup la sécurité doit intervenir (le doux Victor s’est mis devant moi en menaçant un gars de lui « casser la gueule ») et même la police. Mais la dizaine de personne ne lache pas prise et nous attend à la sortie. Heureusement on trouve assez vite l’ami qui doit nous loger et il nous aide à nous libérer. Il est vraiment arrivé au bon moment, car julien et moi, seul couple occidental de l’aéroport étions vraiment encerclés. On me prenait la main sans cesse, je ne pouvais me détacher, on nous demandait de payer pour « assistance au passager »… on a filé un euro a un gars, on a négocié un taxi et on s’est barré en vitesse. Le folklo continue jusqu’au bout de la nuit avec des routes totalement défoncées, sans marquages ni panneaux. On arrive à notre domicile où Cédric nous accueille. Après 15 petites minutes de discussion, nos yeux se ferme et on va se coucher, ventilo près du visage.
Aujourd’hui réveil un peu difficile de par la fatigue et le fait que je réalise enfin où je suis… mais ca va etre bien !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!